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Université Rennes 2. Les professeurs mobilisés contre la réforme

Publiée le 16/04/2018

 

Dix départements de l’université de Rennes 2 ont pris position contre Parcoursup, la plateforme d’admission dans l’enseignement supérieur. Les professeurs sont en accord avec les étudiants sur le fond… Moins sur la forme.

« Nous sommes d’accord avec les étudiants sur le fond », lancent les membres du syndicat national de l’enseignement supérieur (SNE Sup) de Rennes 2.

Ce lundi midi, une cinquantaine de professeurs étaient rassemblés à l’Université Rennes 2 pour décider de leur mobilisation contre la réforme de l’accès à l’université et surtout contre Parcoursup, la plateforme d’admission dans l’enseignement supérieur.

Refus du « tri »

« Nous sommes au cœur du processus. On nous demande de choisir des dossiers, de faire le tri parmi les lycéens. Mais nous refusons, lance Benoit Montabone, maître de conférences en géographie et responsable du SNE Sup. On nous demande de nous positionner avant même qu’ils passent le bac. »

Les enseignements sont très critiques sur cette nouvelle plateforme où « il n’y a pas de vœux différenciés. On ne peut pas connaître les préférences des élèves. Dans des filières où il y a 300 places, on se retrouve à devoir traiter 1 500 dossiers, au risque de dire oui à des étudiants qui ne veulent pas vraiment être dans cette filière, et non à ceux qui voudraient. »

L’université compte cinq filières dites en tension : Staps, psychologie, information et communication, histoire de l’art, et science de l’éducation. « Dans ces filières, on peut refuser des dossiers. »

Pour montrer leur contestation, les professeurs refusent de procéder au « tri » des dossiers. « C’est notre moyen de pression contre le ministère. »

Tous revendiquent un système qui « permettrait aux lycéens d’aller où ils veulent et aux universités de les accueillir. »

Changer les paramètres de Parcoursup

Mais alors quelles solutions ? Ils réclament « un investissement généralisé. Au niveau national, il faudrait trois nouvelles universités pour combler la demande des élèves ! » « Il faudrait aussi que les universités soient dotées de moyens proportionnels au nombre d’heures à effectuer. »

Les professeurs demandent le « changement des paramètres de Parcoursup pour qu’on ait accès aux vœux préférentiels des candidats. »

« Il faut aussi affecter des moyens urgents pour les filières en tension, sur le modèle de ce qui a été fait pour Staps, même si selon nous, ce n’est pas encore assez. »

« Le blocage, ce n’est pas notre modalité d’action »

Au sujet du blocage, les professeurs estiment « que ce n’est pas notre modalité d’action. On est attaché à l’université. C’est un lieu de partage et pas d’exclusion. »

Le syndicat propose une alternative à ce blocage « en suspendant les commissions. On touche au système par l’intérieur. »

Quant aux examens, "ils auront lieu, même s’ils doivent être retardés, assurent les professeurs. Nous n’avons pas perdu énormément, les étudiants sont en capacité de les faire." Et la demande de la moyenne pour tous ? « Ce n’est pas réaliste. »

Un comité de mobilisation

À l’assemblée générale de ce lundi 16 avril, face aux 2 000 étudiants participants, les professeurs ont demandé, en cas de reconduction du blocage, à avoir accès aux bureaux pour que les personnels administratifs puissent travailler. Ils comptent aussi mettre en place un comité de mobilisation pour travailler avec un comité étudiant sur la mobilisation.